Exposition
"Janusz Korczak : la République des enfants"
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| QUI ÉTAIT JANUSZ KORCZAK ? |
| Janusz Korczak, éducateur et pédiatre
juif polonais, est connu en Pologne mais aussi en Europe avant la guerre,
pour ses idées novatrices en matière d'éducation et
de respect de l'enfant.
Sa légende commence le 6 août 1942, au début de la liquidation du Ghetto de Varsovie par les nazis. Quand les Allemands ordonnent l'évacuation de son orphelinat, il refuse toute aide pour son propre salut, que lui offraient ses collègues et amis " Gentils " (non Juifs), car comme on níabandonne pas un enfant malade dans la nuit, déclare-t-il alors, on n'abandonne pas des enfants dans une époque comme celle-ci. Accompagnant et réconfortant les enfants jusqu'au bout, il périt avec eux dans la chambre à gaz du camp d'extermination de Treblinka. Michal Wroblewski, un professeur qui fut le dernier parmi les survivants du ghetto à avoir vu Korczak en vie, témoigne : On attache beaucoup díimportance (...) à cette ultime décision de Korczak de prendre le train avec les enfants. Mais il a bâti toute sa vie sur des décisions morales. La décision de devenir médecin pour enfants. Celle d'abandonner la médecine et sa carrière d'écrivain pour síoccuper d'orphelins pauvres. La décision de vivre dans le Ghetto avec les orphelins juifs. Aussi bien cette dernière décision d'aller à Treblinka avec les enfants, c'était sa nature . Il était ainsi. Il n'aurait pas compris pourquoi nous faisons tant de cas de cela aujourd'hui. Effectivement, le parcours de cet homme, à la fois utopiste et pragmatique, dont la préoccupation avait été de rendre le monde meilleur par l'éducation des enfants, a été marqué par des décisions morales, qui donnaient forme à ses actes. |
| UNE VIE DIFFICILE... |
| J'ai eu une vie difficile, juste le genre
de vie que je voulais, difficile mais belle, riche et sublime. (Le Journal
du ghetto)
Janusz Korczak, de son vrai nom Henryk Goldszmit, est né à Varsovie en 1878, d'une famille juive assimilée. Son père, avocat aisé, meurt quand le jeune Henryk a 17 ans, après un long internement dans un hôpital psychiatrique. La famille s'appauvrit brusquement et Korczak, qui projette déjà les réformes pédagogiques et les études sur les enfants, donne des leçons particulières pour poursuivre ses études et pour aider sa mère et sa soeur. A 19 ans, il entre en faculté de médecine. Etudiant, il travaille dans les bibliothèques gratuites pour enfants et adolescents et lie des amitiés dans les rues les plus pauvres de Varsovie. Dès 1900, il aide à organiser les premières colonies de vacances pour les enfants du prolétariat, idée révolutionnaire pour l'époque . A peine diplômé docteur en médecine, il est mobilisé pour la guerre russo-japonaise et part à la frontière de la Chine. Au retour, il se spécialise en pédiatrie dans les hôpitaux de Berlin et de Paris, et visite des établissements pédagogiques d'avant-garde à Londres et Zurich. Il devient rapidement pédiatre " à la mode " avec une clientèle aisée, mais consacre, de plus en plus, son temps à l'hôpital, à ses écrits et au travail avec les enfants dans les écoles, dans les rues, dans les colonies de vacances. Il collabore à l'Université populaire clandestine et lie des amitiés avec des militants socialistes. En 1909, il est arrêté par la police tsariste, mis dans la prison politique Citadelle et menacé de déportation en Sibérie. De ce moment, il met en route la fondation de la Maison des orphelins pour enfants juifs, qui ouvre en 1913. Il diminue et abandonne quasi complètement ses activités hospitalières et sa consultation privée. Désormais sa vie sera liée à celle de son orphelinat. Il doit pourtant le quitter de 1914 à 1918, car il est de nouveau mobilisé dans l'armée russe, comme médecin au front, et en 1919, mobilisé cette fois-ci dans la jeune armée de la Pologne indépendante. Outre sa maison des orphelins, il assure, de
1922 à 1936, la codirection pédagogique et médicale
de Notre Maison, orphelinat pour enfants catholiques, il donne des cours
à l'Université de Varsovie, il parle toutes les semaines
à la radio polonaise (1934-1938) et fait deux brefs voyages en Palestine
en 1934 et 1936. Il pressent la guerre qui approche. Enfermé, à
partir de 1940, dans le ghetto de Varsovie, il dirige l'orphelinat tout
en rédigeant son Journal du ghetto. Il meurt avec les enfants de
l'orphelinat à Treblinka en août 1942.
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| REPERES BIOGRAPHIQUES |
| 1878 | Naissance de Korczak (Henrik Goldszmit) |
| 1898 | Entreprend des études de médecine |
| 1904 | Reçoit un prix de littérature et prend son nom de plume " Janusz Korczak " |
| 1904-1905 | Commence à travailler à l'Hôpital pour enfants juifs à Varsovie |
| 1906-1908 | Médecin dans l'armée pendant la guerre russo-japonaise |
| 1909-1910 | Entreprend des études de pédiatrie à Berlin, Paris et Londres |
| 1912 | Moniteur díenfants juifs et polonais en colonie de vacances |
| 1914-1918 | Fondation de l'orphelinat au 92, rue Krochmalna |
| 1919 | Médecin dans l'armée russe pendant
la première guerre mondiale
Avec Maryna Falska, monte l'orphelinat " Notre foyer " pour les enfants d'ouvriers polonais |
| 1920 | Vague de pogroms en Pologne |
| 1923 | Publication de son premier livre pour enfants : Le Roi Mathias Ier |
| 1926 | Fonde le journal pour jeunes Maly Przeglad (Le petit journal) |
| 1931 | Représentation de la pièce Le Sénat des Fous |
| 1934 | Première visite de Korczak en Palestine |
| 1936 | Seconde visite en Palestine.
La radio polonaise résilie son contrat et le programme de ses émissions. Il cesse de travailler à l'orphelinat " Notre foyer " |
| 1937-1938 | Participe activement aux activités des mouvements sionistes |
| 1939 | Premières activités à la Déclaration de la guerre : émissions à la radio, soins aux blessés de guerre, divers appels à l'aide |
| 1940 | Dernière colonie de vacances des enfants de l'orphelinat avant qu'ils ne soient enfermés dans le ghetto |
| 1942 | Dans le ghetto, écrit un Journal du
15 mai au 4 août.
Met en scène la pièce Le Courrier à l'orphelinat |
| 1942 | 5 août : Début de la liquidation
du Ghetto de Varsovie par les nazis
Il est évacué avec les 200 enfants de l'orphelinat à Treblinka, où ils seront tous assassinés. |
| LE
DROIT DE L'ENFANT AU RESPECT :
LA PENSÉE DE JANUSZ KORCZAK Janusz Korczak a beaucoup écrit, articles, nouvelles, romans ... avec, pour thème récurrent, l'enfant. Dès l'âge de 15 ans, il voulut rédiger un Grand Traité consacré à l'enfant. Jeune étudiant en médecine, il publie en 1900 son premier reportage sur la misère à Varsovie et sept articles, " Les enfants et l'éducation ", où il expose, pour la première fois, l'ébauche de ses principes pédagogiques : L'enfant doit être reconnu comme un être humain à part entière ... Il ne doit pas être dressé ". Un an plus tard, dans " Période de maturation ", un demi-siècle avant l'apparition des équipes médico-pédagogiques, il prône la collaboration entre médecins et éducateurs, seule apte à comprendre les multiples facettes de l'enfant. En 1905 et 1907, il publie ses projets d'école idéale, " Ecole contemporaine " et " Ecole de la vie " : Cette école servirait l'humanité tout entière et non pas la classe possédante ... Les élèves n'y apprendront pas des lettres mortes sur un buvard mort : ils apprendront comment vivent les gens, pourquoi ils vivent ainsi, comment on peut vivre autrement avec la plénitude d'une âme libre (La semaine de congé, 1914). Pendant la Première guerre mondiale,
dans une infirmerie au front, Korczak écrit un ouvrage important
: Comment aimer un enfant, dans lequel les interrogations sont plus fréquentes
que les affirmations, ce qui est une constante de son approche pédagogique.
En 1926 il fonde un des premiers hebdomadaires
au monde à grand tirage, entièrement écrit, rédigé
et réalisé par des enfants et des adolescents. La Petite
Revue, grâce à ces jeunes rédacteurs et à son
réseau de 2000 correspondants, raconte tout ce qui se passe chez
les écoliers de province et de Varsovie.
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| Les causeries du " Vieux
docteur "
Dès 1926, il est un des premiers en
Europe à montrer l'énorme importance éducative du
cinéma et de la radio (" Cinéma-radio-programme pour enfants
").
Ses livres pour enfants Korczak a écrit des livres spécialement
pour les enfants : La gloire (1912) décrit le rêve de toute-puissance,
le désir de devenir quelquíun d'autre et sa réalisation
entravée par la réalité.
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| DESCRIPTION DE L'EXPOSITION |
| Vingt panneaux de 47 cm hauteur sur 66 cm
largeur en PVC (1 mm épaisseur)
Accrochage avec crochet S - 15 m linéaire environ |
| Panneau 1 | Extrait de ses émissions radiophoniques |
| Panneau 2 | Biographie de Janusz Korczak |
| Panneau 3 | Enfance |
| Panneau 4 | Juifs et Polonais |
| Panneau 5 | Les enfants de l'orphelinat |
| Panneau 6 | La République des enfants ? l'autogestion |
| Panneau 7 | Cartes postales " souvenir " |
| Panneau 8 | Le petit journal |
| Panneau 9 | La colonie de vacances |
| Panneau 10 | Educateurs et éducation |
| Panneau 11 | Le travail |
| Panneau 12 | Stefa |
| Panneau 13 | Eretz Israël |
| Panneau 14 | Avec les mouvements des jeunes pionniers sionistes |
| Panneau 15 | Livres |
| Panneau 16 | Le Sénat des fous. 1931 |
| Panneau 17 | Les premiers jours de la guerre |
| Panneau 18 | Dans le ghetto |
| Panneau 19 | Travail éducatif dans le ghetto |
| Panneau 20 | Le dernier voyage |
| Elle a été conçue et
produite par le musée de Lohamei Haghetaot ? Yad Layeled en Galilée,
l'un des principaux centres d'études et de commémoration
de la Shoah en Israël, fondé par des survivants de l'insurrection
du ghetto de Varsovie. La partie Yad Layeled (mémorial des enfants),
inaugurée en 1995, est un musée spécialement destiné
aux jeunes, qui raconte la vie des enfants juifs pendant la Shoah, en s'appuyant
sur des documents laissés par les enfants eux-mêmes.
La Maison d'Izieu s'est assignée une triple mission : préserver la mémoire vivante des événements vécus par ses membres fondateurs, la transmettre aux générations futures, en racontant ce dont ils avaient été les acteurs, inviter tous ceux qui le souhaitent à en approfondir l'étude et à en dégager la portée. La Maison d'Izieu mémorial des enfants juifs exterminés a fait l'acquisition de deux expositions supplémentaires, présentées dans un format plus petit (environ 35 x 50 cm), dans une mallette pédagogique incluant des documents à l'usage des enseignants et de leurs classes. Ces expositions sont destinées à être présentées par la Maison d'Izieu mémorial des enfants juifs exterminés aux enseignants intéressés. |
| CONTACT |
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04 79 87 20 08 |
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